mercredi 22 mai 2019

Semainier #7 Artalburite aïgue, faut-il se soigner ?

Ça a commencé dimanche soir. Je voulais vraiment me remettre à lire La condition post-moderne, de Lyotard ; je le relis pour un mystérieux projet d'écriture - mystérieux pour moi-même dans le sens où je ne sais pas encore ce qui va s'écrire, je n'en ai qu'une vague idée, autrement nommée désir flou. Bref, Lyotard. Au moment de me mettre à lire avec application, voilà très exactement ce qui s'est passé : j'ai repris L'aide à l'emploi, qui traînait là, relu les premières pages en pensant à ma mère qui va bientôt le recevoir. De la force de ces quatre débuts m'est venue l'idée d'un atelier d'écriture avec ce texte, de tout ce que ça pourrait ouvrir comme portes, notamment avec les ados, le prochain groupe, l'an prochain. Ou avec d'autres gens. A commencer par moi. Donc, sans me le dire tout à fait, me voilà partie sur une proposition d'écriture Artalburienne

Sauf que je n'avais pas pris la mesure de la chose...

J'en suis au quatrième jour de développement des symptômes, qui sont les suivants : excitation verbale, logorrhée, regard vitreux, perception légèrement altérée de l'environnement, tremblements, exagération délibérée des hallucinations, captation immédiate des phénomènes imaginaires et autres idées saugrenues passant par là, ricanements nerveux, agitation, joie intense à la mise en mots, tension irrésistible vers le clavier... Sans compter les accès soudains de culpabilité à l'idée d'imiter "l'écrivain", le plaisir coupable de l'attacher sur un fauteuil, dans un camion, en territoire cronien (avec un lien en boyau de chat), et de revêtir l'aspect d'un grand chien rouge brillant. Tout ça pour nous protéger d'un certain Krastaner-Blaireau. La littérature est un sport de combat. 

Bref, un conseil amical : avant de proposer un atelier d’écriture à partir du travail de Pierre Barrault, prenez le temps d'envisager les risques que vous faites prendre aux personnes concernées.

Moi, je retourne à mes chiens rouges brillants...

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