Tout commence par un constat pénible : la peur qui s'empare de lui quand il entre en "pays cockpit" pour aller à la rencontre de Marrons, ancêtres des esclaves africains débarqués en Jamaïque deux siècles plus tôt, cette peur panique, sous-tendue par une extrême méfiance, est aussi une peur du Noir, de l'étranger. Dur de se confronter à son propre racisme pour ce jeune universitaire américain...
Le pays cockpit, région très montagneuse, peuplée uniquement par les Marrons. Ils se sont installés là lorsqu'ils ont réussi à fuir leurs maîtres esclavagistes. Au vu de l'image de sauvages sanguinaires qu'il se trimballaient, et de l'extrême hostilité de leur région, les blancs les ont laissé tranquilles. Si l'on cherche pays cockpit sur le net, on trouve très, très peu de choses : quelques trucs de géologues, et Wikipédia qui ne cite que Russel Banks. Bref, c'est une région très reculée, inaccessible pour le commun des mortels. Mais ce narrateur-là n'est pas le commun des mortels, et c'est pour ça qu'on l'aime !
Au passage, Marron signifie "retourné à l'état sauvage". C'était le nom donné aux cochons qui partaient vivre dans la nature (ils "marronnaient"), transposé aux esclaves. Ça teinte tout de suite ce terme d'une belle dose d'abomination, non ?
Pour le reste, je vous laisse découvrir l'Histoire, petite et grande, d'un village cockpit, assis sur l'épaule de Johnny-Russel Banks. Optimistes béats, s'abstenir.
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