lundi 9 avril 2012

Le Billet du Lundi de Pâques : un tout petit tour du web littéraire

Salut bazar, 
Un peu débordée en ce week-end pascal, entre la vérole qui s'est abattue samedi soir sur mon ordinateur et le débarquement programmé de quelques ascendants, je t'offre à la va-vite deux très jolies lectures en ligne que j'ai faites cette semaine :
- un grand et beau poème de Kérouac, incisif et presque brutal, trouvé chez Oeuvres Ouvertes
- un texte tendre, sensuel et réussi de @KoliaDelesalle sur son blog A peu près rien. Ou l'on parle d'enfance, de baisers et d'adolescence.

Je passerai en coup de vent sur l’actualité, entre la polémique au sujet du texte de Günter Grass et celle à propos du baptême officiel de la liseuse. Au passage, j'ai bien du mal à comprendre pourquoi un si joli mot pose autant de problèmes. Sans être une ardente défenseuse d'une langue française immuable, je trouve "liseuse" beaucoup plus poétique que "reader". Et pourquoi la technologie ne pourrait-elle pas nous conduire à restaurer de beaux vieux mots ?

Bonne semaine, 
J.

samedi 7 avril 2012

Un morceau de roman

Parfois c'est difficile, d'écrire. Même avec la rage au cœur. Même avec la patience. Même avec la détermination, même avec le temps. (Et je n'ai pas tout ça.)
Alors parfois, on ne sait plus où on va, on a envie de faire demi-tour. Ou d'avoir un GPS. D'arrêter d'être à la fois le pilote et le copilote, qui s'engueulent.
Alors j'ai eu envie de vous faire lire un passage. Le début de la troisième partie. Pour voir. Pour savoir. 

Ça vous dirait quoi, vraiment, de lire ça dans un roman ?


"C'est un rêve étrange. Il n'y a pas un bruit. Le silence est assourdissant, effrayant. Elle est en haut. Elle surplombe la scène. Une voix grave chante un blues très sombre.
C'est une forêt. Une vraie forêt d'automne. Les arbres, les troncs. Droits, pas très gros, dressés vers le ciel. Gris, blanc, tâchés de marron par endroit. Le bel ocre des feuilles recouvre le sol. C'est une image douce et tellement familière. Une souche. Des feuillus, qu'elle connaît, presque par leur prénom, depuis l'enfance. 


Il fût un temps où la forêt était sa maison. 
 
Pourtant,
ce paysage est inquiétant. 
D'abord, elle survole la scène, à hauteur de la cime des arbres, ce qui n'est pas tellement normal. 
Ensuite, il y cet âne mort en plein milieu de son champ de vision.

Il y a des ancolies dans la forêt. Et un âne mort. Et un cadavre. Dans l'âne.

A l'intérieur de l'âne.

C'est à dire que l'âne est ouvert. Sa panse est fendue, comme par un chirurgien habile et particulièrement cruel. Les viscères encore chauds reposent délicatement sur les feuilles, mortes.
Lové à l'intérieur du ventre de l'âne, il y a le cadavre de l'homme qu'elle aime.
Elle ne le voit pas en entier, mais elle sait. Elle sait aussi qu'il va y avoir une enquête de police, et que toutes sortes de choses compliquées vont arriver ensuite.
C'est surtout un rêve angoissant. Ce silence. Cette aimable forêt. Ce pauvre âne, mort.
Et l'homme. C'est lui, celui qu'elle aime. Et à la fois, ce n'est pas vraiment lui. C'est seulement son alter ego masculin.
Un frère. Celui qui jamais n'a existé."

lundi 2 avril 2012

Le Billet du Lundi : quelques babioles numériques... et moi, et moi, et moi !

Hello everybody ! 
Par moment, je suis tellement fatiguée qu'il ne me reste plus qu'à me jeter à corps perdu dans un billet de blog qui aura au moins le mérite de m'emmener loin de mes tracasseries professionnelles ou autres. Et c'est une douce préoccupation que de glaner ça et là quelques menues écritures qui attirent l'attention, éveillent la pensée, stimulent le goût littéraire, bref ME font changer d'air, car MOI D'ABORD*, d'abord ! 

Et si ces petites affaires vous plaisent, tant mieux, c'est gratuit, je partage avec un plaisir décuplé, non dissimulé et pas simulé non plus, d'ailleurs... Oooops, je dérape, là, non ? 

Bref. 

Pour commencer, voici un très très joli texte de Daniel Bourrion, qui a la chance inouïe d'avoir été Robert Smith, et celle non moins inouïe d'avoir le talent de le conter en toute beauté. Coïncidence qui n'intéresse que moi, il a par ailleurs publié en 2003 dans la revue Travers, bijoux parmi les bijoux de papier même si je ne l'ai pas eue entre les mains depuis mes... 17 ans environ ! Une petite photo de Philippe Marchal, dans le Républicain Lorrain, parce qu'il le vaut bien. 

Ensuite, je ne peux que vous inviter de nouveau à télécharger le n°1 de Numéritérature Magazine, un ebook dans lequel vous retrouverez une nouvelle de votre serviteuse**. Si vous n'en avez pas encore, c'est donc le moment opportun pour vous acheter une liseuse, surtout s'il vous manquait un prétexte, une utilité, une excuse ou toute autre bonne raison de passer à l'acte. 

Il y a aussi cette courte interview de Bret Easton Elis, dont j'ai bien aimé le récent Lunar Park
Pour moi, il est un peu le pendant américain de Djian (voir la délicieuse série de vidéos où Djian fait l'éloge de l'entertainement à l'américaine, des Sopranos à Breaking Bad, en passant par... Houellebecq !) mais son penchant pour la télévision et son simplisme d'écrivain à succès m'agacent un peu. En tout cas, la dialectique entre littérature et télévision, art intello et art populaire ne me laisse pas indifférente.


 
Ceci dit, cette pensée pour Bret Easton Elis aura eu le mérite de rappeler à mon souvenir un article de Pacôme Thiellement, qui se dit lui-même -et avec une certaine ironie- "herméneute de la Pop Culture". Un drôle d'entretien qui me plaît parce qu'il rapproche des références comme Les Beatles, Nerval, la série Lost, Led Zeppelin et Twin Peaks, de David Lynch, autant d'objets culturels que j'aime à la folie, tout court et côte à côte !




Et par ici, des photos de la chouette aventure de François Bon à Fontevraud avec Claude Ponti

Pour finir, un article qui m'a bien fait rire et renoncer en rien !

Sur ce, je m'en vais boire une tisane à votre santé.



* Ça devient une habitude, là, non ?
** Bon sang, qu'est-ce que ça m'agace quand ce déplaisant correcteur orthographique me fait des histoires parce que je féminise serviteur... Franchement, vraiment pas de quoi être fière !!!

dimanche 1 avril 2012

Juliette sur le Net !

C'est pas pour faire la maligne, mais pour ceux qui ne seraient pas déjà au courant, je redonne l'info du week-end : ma nouvelle Jours de Soldes est publiée (retravaillée et améliorée, donc !) chez Numéritérature, dans un joli E-Magazine à télécharger gratuitement. 

Sympathique aventure ! Je remercie vivement Willem Heremans de m'avoir encouragée à dépoussiérer cette nouvelle, et de m'avoir offert cette expérience inédite. 

Bonne semaine à tous, et à demain pour le billet du lundi !

lundi 26 mars 2012

Le Billet du Lundi (matin très tôt)

Bah oui, quand il fait trop beau le dimanche et qu'on a des vacances à organiser le lundi soir, il ne reste guère que l'aube du lundi pour écrire... Si en plus on est bigrement insomniaque et donc tout à fait réveillée, l'occasion est trop belle. Bref, zéro perte de temps, bonjour tout le monde.

Commençons par le Billet du Moi du Lundi : finalement, après quelques déceptions, je pars  avec Jeannette, dans un endroit tenu secret, et j'en suis bien contente. Ça va être chouette ! 
Là tout de suite maintenant : les oiseaux chantent comme des dingues, et je vais courir. Le seul problème, c'est qu'avec ce foutu changement d'heure, il fait de nouveau nuit quand je vais courir, c'est pénible...

Le premier lien que j'ai envie de vous donner, c'est chez DelphinesBooksAndMore parce qu'il correspond bien à mon état d'esprit printanier

Et puis deux-trois autres trucs qui m'ont plu : 
Le fait que L'Ogressse de Paris mette Jeu et Réalité, de Winnicott en #VendrediLecture, alors que je devrais être en train de le lire et qu'il reste en plan sur ma table de nuit pour cause de murakamisation aigüe. 
Et puis le Gruffalo, parce que chez nous on l'aime aussi :-)

Allez, baskets* et bonne semaine à tous !













*Nouvelle façon de vous dire "merci, je pense à vous, bon courage", tout çaaaaa... Et ci-dessus, une de mes baskets. Elles sont très roses, je sais. Mais en vrai elles sont un peu plus usées...

vendredi 23 mars 2012

#VendrediLecture : 1Q84, d'Haruki Murakami

Je n'ai pas l'habitude de parler d'un livre pendant que je suis en train de le lire. Pourtant, là -VendrediLecture oblige !-, j'ai quand même bien envie de  vous faire partager l'immense plaisir que j'ai à lire ce roman de Murakami.
Une fois de plus, il parvient à nous emballer avec une histoire mi-crédible (histoire personnelle et psychologie des personnages) mi-fantastique. Au pays de Murakami, il se passe sans cesse des choses étranges, et je dois dire que j'adore ça ! En même temps, ce n'est pas du pur délire, puisque le contexte est celui d'une réalité qu'on connaît. Le Japon lui-même en devient moins étranger. Les personnages sont traversés par des émotions et des difficultés qui les rendent attachants. 

Un petit extrait :
"Elle prépara du café et se força à en avaler plusieurs tasses. Puis elle enfila simplement sa robe de chambre et retourna s'allonger, passant le reste de la matinée au lit à contempler le plafond. Elle n'avait envie de rien faire. Seulement regarder le plafond. Il n'y avait là rien d'intéressant, mais elle n'allait pas se plaindre. Les plafonds n'étaient pas faits pour distraire les gens. Le réveil indiquait midi, mais elle n'avait absolument aucun appétit. Les moteurs des motos et des voitures résonnaient encore dans sa tête. C'était sa première vraie longue cuite. 
[...] Tout de même, jusqu'à quand est-ce que je continuerai à faire des choses pareilles ? se disait Aomamé. Enfin, jusqu'à quand est-ce que je pourrai continuer comme ça. Je vais avoir trente ans. Bientôt, la quarantaine va me tomber dessus."

Murakami est un écrivain extrêmement pertinent, il sait mettre la vie dans des mots. Et en plus, ce roman est captivant, mystérieux et - quel bonheur - long !

jeudi 22 mars 2012

Je précise que je ne laisse plus ma culotte sur la table de la cuisine (où alors rarement)

Je viens de le retrouver et j'ai soudain envie de le partager...
Petit poème de ma mère, à mon sujet (bah oui, c'est un blog, faut bien que ça reste un peu nombriliste, quand même !)

Trois abricots près du téléphone
Elle est là...
La culotte usée sur le gravier,
Posée sur la télé.
Ses petits souliers sur la table
De la cuisine,
Elle est là... 
  
Petit désordre de mon cœur,
Elle pose sa tête sur mon épaule,
Attend le chat
Dans ses câlins,
Voyage la nuit
Au train des monstres,
Et promène l'insomnie
Dans mes bras
Dans mes draps
Elle est là...
Sa chaleur rose
Dépose
Tendresse
Sur la peau
Du corps
Que je croyais mien
Et qu'elle me vole douce...
Le chat revient,
Le chat s'en va...
Elle est là... 
 
Ouvre sa bouche
Au belvédère des mots
Et dessine en riant
La vie un peu plus belle.
Elle cause,
Elle ose,
Elle est rose,
Et blonde
Ou rousse
Elle est là...
Cartable porté par la pluie
Larme du matin
Longues boucles emmêlées
Sommeil blanc comme la neige
Ou comme un cahier neuf
Elle est là...
Trois abricots sur la télé
Sa culotte sur la table de la cuisine
Petits souliers près du téléphone....

Martine Tatu-Verdot, 1984 (tous droits réservés)


lundi 19 mars 2012

Le Billet du Lundi : quoi de neuf, à part le Salon du Livre ?

Oui alors bon : tout le monde veut racheter Flammarion. Média Participations, Gallimard, Albin Michel, et maintenant Acte Sud, ainsi que tout un tas de requins (= fonds d'investissement). On a compris. Pas très poétique tout ça. Quoi d'autre ? 
A part ça, c'est le Salon du Livre. Et je n'y suis pas allée. J'étais déprimée et personne ne m'y attendait, alors j'ai préféré ruminer chez moi plutôt que d'aller me changer les idées Porte de Versailles. Oui, je suis comme ça, parfois.
Bon ok, si vous prenez cet air interrogateur, je me sens obligée de vous raconter : je ne suis pas allée voir Russel Banks au Salon du Livre à l'occasion de la sortie de son dernier livre parce que je me suis rendue compte au moment de partir que nos vacances à Berlin venaient d'être tout simplement écrabouillées par l'absence de pièce d'identité des marmots. Pièces d'identité que nous avions prévu de faire faire dès le retour des dernières vacances en Corse, d'où on avait failli revenir sans les enfants... Et qui ne sont toujours pas faites !!! 
Bref, un grand moment de solitude qui m'a siphonné l'enthousiasme au point de laisser l'un des mes auteurs favoris à son triste sort, sans même aller lui coller la bise. Enfin, je pense que d'autres sont allés le faire à ma place. Mais quand même, je regrette vachement. Pfff. 

Depuis je me suis un petit peu remise de mes désillusions et vous ai trouvé quelques petites choses à déguster sur le net : 
- deux bons articles à propos des liseuses, ou pourquoi on aime lire en numérique.
- à propos de la lettre ouverte du Syndicat National des Éditeurs aux candidats à la présidentielle, par Numeritérature, toujours synthétique et agréable à lire (décidément, un compliment par semaine pendant 3 semaines, ça ressemble à des éloges régulières, non ;-))
- un billet de François Bon, qui redit pourquoi il est si bon d'avoir une liseuse et un autre où il raconte sa vie d'éditeur et ça a l'air vachement compliqué.
- Énorme : VendrediLecture est dans la Presse !
- une jolie photo de mon vieux pote Florent, perdu de vue depuis le lycée.
- Et Paumadou qui sort un polar chez Numériklivres. Je ne l'ai pas lu, mais un jour ou l'autre, ça viendra. En attendant, si quelqu'un veut le lire et me dire comment c'est, je suis preneuse !
- Une émission sur les Geeks, pour ceux qui en sont, et les autres ! Le 28 avril c'est loin... Mais l'idée m'a bien fait rire.
- Et sur e-Pagine, une bonne nouvelle pour le catalogue numérique : les éditions Viviane Hamy en numérique. Ouf, du Vargas pour les vacances...

Bonne semaine à tous !



lundi 12 mars 2012

Le Billet du lundi : liens de la semaine et débordement d'activité

Bonjour, 
en résumé, aujourd'hui, je manque de temps. Trop d'activités en même temps, trop d'envies, trop de projets, de choses à réaliser, avec urgence, presque comme si j'allais mourir demain. En gros, un job, une formation, un mémoire, une reprise d'études à organiser pour l'an prochain, un blog à faire vivre, un roman à écrire, deux enfants à faire grandir et un homme à aimer... C'est du boulot. Très plaisant, certes, mais très occupant, aussi.  

Alors, vite-fait-bien-fait, et parce que certains ont trouvé la formule pas mauvaise, quelques liens et actualités qui ont attiré mon œil affairé ces derniers jours : 

Pour commencer, un mot sur la mort de Moebius, immense auteur de bande dessinée qui a cassé sa pipe samedi 10 mars 2012, abandonnant à leur triste sort des milliers d'amateurs de BD, dont l'homme qui partage ma vie. J'avais lu l'Incal il y a fort longtemps, qui m'avait laissé un souvenir lumineux. J'ai plus récemment dégusté avec grand plaisir la très belle expo de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain. L'Ogresse de Paris y consacre un article elle aussi.  




A propos de LA sortie numérique* de ces dernières semaines, que je vais lire dès que la vie m'en laissera le loisir : La pile du pont, d'Audrey Betsch, je vous propose une belle critique par Numéritérature. Décidément, j'aime bien le nom  de son blog, et Willem Heremans a une grande qualité, celle de la mesure. Du coup, sa lecture du dit bouquin est intéressante, à la fois personnelle, étayée et éclairante. 


 

Beaucoup plus mesquin, les derniers bidouillages de nos grands magazines de littérature qui s'étriperaient presque pour un entretien avec Murakami

Enfin, un court billet d'Olivia Billington qui ne dit rien de révolutionnaire mais que je partage suffisamment pour vous le faire lire.

Et pour les filles, n'oubliez pas de visiter le blog de Merci Giroflée, alias mon amie de toujours qui pratique la couture avec goût, frénésie, sagesse et succès ! 



*Bah oui, j'en vois parler partout sur le net... Ça se dit, ça "j'en vois parler" ? Parce que je peux pas dire "j'en entends parler" car je n'ai rien trouvé d'audible à propos de ce roman, mais beaucoup d'écrit lu, pour l'instant...

vendredi 9 mars 2012

Philippe Djian et moi, ou mon adolescence littéraire.

Je crois que Djian est l'un des rares auteurs dont j'ai presque tout lu. Le fait que ses personnages soient très souvent des ados ou des écrivains n'y est pas étranger. Et je ne peux pas parler de cet auteur sans parler de moi.

Commençons par ce que je n'ai pas aimé : 
- la série Doggy Bag, un peu sur le principe, parce que je n'ai pas apprécié qu'il veuille concurrencer la télé (c'était explicite dans son discours). Je pense que la littérature a autre chose à faire. Et aussi parce que le résultat n'était finalement pas très intéressant. 
- Impardonnables, que je n'ai pas réussi à lire, sans doute parce que j'ai perdu le goût de son écriture, et que j'ai trouvé l'histoire trop insoutenable. 

Ce que j'ai aimé, maintenant. 
J'ai énormément lu Djian à l'adolescence. A certains moments, je crois que j'étais totalement imprégnée de l'état d'esprit "rock années 80" des personnages (rebelles, artistes, adolescents, dingues, subversifs et souvent paumés, pour aller vite). J'ai dévoré Bleu comme l'Enfer, Maudit Manège, Échine, Zone Érogène, et bien sûr l'immense 37.2° le matin avec cet enthousiasme et cette avidité qui me laissent penser aujourd'hui que c'était autant un apprentissage de la vie qu'un plaisir de lecture. Ce sont ces romans qui ont fait germer en moi l'idée qu'un jour ou l'autre j'écrirai à mon tour.
Par la suite, Sotos et Lent dehors, (que j'ai adorés) -et dans une moindre mesure la trilogie autour de la Sainte Bob- sont des lectures où j'observais le travail de construction des romans, et qui m'ont amenée à me projeter dans une peau d'écrivain.
Et puis, j'ai grandi en continuant à lire ses livres dès leur sortie, avec le sentiment que Djian vieillissait. Quand on a lu autant de livres du même auteur, une sorte de connivence s'installe, on a l'impression de le connaître de près. Ses romans sont devenus à mes yeux plus construits, plus aboutis que jamais. Ça, c'est un baiser et Vers chez les Blancs sont des bijoux que j'ai lus au tout début de la vingtaine, et qui sont pour moi le sommet de son travail.

Enfin, j'ai lu certains de ses romans récents (Frictions, Impuretés) avec attention et plaisir, sans m'ennuyer vraiment, mais sans ressentir autant d'émotions qu'auparavant... Et si j'avais vieilli ?


Edit : Depuis la rédaction de ce billet, j'ai regardé le documentaire "Empreintes" sur France 5, qui lui était consacré (le jour même !). A voir en VOD sans hésitation (Juliette Binoche a juste quelques problèmes avec son nez, rien de grave :-/).